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L’hypnose un traitement universel

Pour bien des gens, l’état hypnotique serait un sommeil un peu particulier, induit par une espèce de mage ou de docteur auquel on se soumet sans trop savoir où ça conduit.

Il est évident qu’avec une telle image, elle n’a pu que susciter de farouches résistances, aussi bien personnelles, qu’institutionnelles !
Aujourd’hui, l’hypnose est réhabilitée par un nombre croissant de praticiens, car en médecine elle donne d’excellents résultats. Elle peut évidemment constituer un traitement à part entière, notamment en psychosomatique pour le traitement des douleurs et en « psy transpersonnelle » ; mais généralement, elle est plutôt utilisée en appoint aux techniques médicales.

L’HYPNOSE EN MÉDECINE :
Le nombre des indications à l’hypnose est impressionnant , et elle est aujourd’hui aussi bien pratiquée par des psychiatres, que par des dentistes, dermatologues,gastroentérologues, pédiatres, ou même généralistes…
Le Dr. Charles Jousselin, par exemple, rapporte un taux de réussite de 70% sur ses consultations de médecine générale ayant donné lieu à une séance d’hypnose. Pour la plupart, ses patients n’ont été vu que cinq à six fois ; ce qui confirme le caractère bref de cette technique thérapeutique. En effet, une séance tous les quinze jours durant quelques mois suffisent habituellement pour obtenir des résultats satisfaisants.
Le Dr.Jeannot Hoareau, grand spécialiste français de l’hypnose médicale, s’est fait, pour sa part, une spécialité du traitement de dépendances telles que l’alcoolisme, le tabagisme ou la boulimie, et affirme que l’hypnose peut avoir applications dans des domaines aussi variés que la sexologie, la gynécologie, la pneumologie, la cardiologie, la gastroentérologie, la rhumatologie, l’endocrinologie, la dermatologie, l’oto-rhino-laryngologie, la neurologie, ou la pédiatrie…
Le Dr.Varma, lui, est le grand spécialiste de l’hypnose thérapeutique contre la migraine ou les douleurs rhumatismales, mais pratique également l’hypnose dans le cadre de certaines interventions chirurgicales, et notamment en dentisterie.

De fait, l’hypnose est de plus en plus employée dans les opérations nécessitant une analgésie, de l’accouchement sans douleur à la chirurgie dentaire, en passant par la cancérologie ou les soins des grands brûlés, et l’apaisement de douleurs post-opératoires ou post-traumatiques…

Le Dr.Victor Simon, enfin, spécialiste des maladies de l’appareil digestif et de la nutrition, s’est orienté vers le traitement des maladies fonctionnelles et organiques par l’approche hypnotique.
Les patients qu’il a l’habitude de soigner souffrent autant aux plans physique que morale, de troubles du comportement alimentaire, d’anxiété, de dépression, d’insomnies, de douleurs chroniques ou rebelles, de maladies psychosomatiques… Et toutes ces affections, souvent ignorées par la médecine conventionnelle, trouvent, grâce à l’hypnose, un indéniable soulagement.

Médecine et hypnose :
Les médecins utilisant l’hypnose s’accordent à constater qu’elle fait des prodiges aussi bien en consultations, en visite à domicile…qu’en urgence. Bien sûr, tout ne se soigne pas par l’hypnose, mais cette technique conserve un vaste champ d’application dans les cas de maladies digestive, respiratoire, cutanée ou cardio-vasculaire…

Non seulement, l’hypnose peut traiter directement ces nombreuses affections, mais son emploi entraîne très souvent le médecin à prescrire moins de médicaments.
En gastroentérologie, l’hypnothérapie s’accorde particulièrement aux cas de dyskinésies œsophagiennes, d’intestins irrités, d’ulcères gastro-duodénaux et de troubles digestifs…
En médecine sportive, la visualisation et l’anticipation sous hypnose sont fréquemment employées avant la compétition pour optimiser les performances des athlètes. En ORL et en ophtalmologies, acouphènes, vertiges, dysphonies, laryngospasmes ou troubles de la vision sine materia sont susceptibles d’être soignés par l’hypnose.
En dermatologie, le traitement de l’eczéma, du psoriasis, des verrues ou de la pelade peut également se baser sur l’hypnose.
En rhumatologie, l’hypnose est tout spécifiquement indiquée car elle agit à la fois sur la douleur et sur la mobilité, ce qui augmente le confort des patients et donne des résultats souvent impressionnants.
En gynécologie, diverses douleurs, vulvaires, vaginales, pelviennes, ainsi que la pose de stérilet ou l’exploration endoscopique peuvent être grandement adoucies par l’hypnose.
En cancérologie, enfin, outre l’apprentissage de l’antalgique par l’hypnose, la visualisation hypnotique peut stimuler les mécanismes d’auto-guérison.

 

L’Hypnose en chirurgie :

L’hypnose offre deux possibilités fort intéressantes à tous ceux qui souhaitent éviter ou réduire la prise d’anesthésiques lors d’une opération chirurgicale : l’hypno-analgésie et l’hypno-anesthésie.
Dans l’hypno-anasthésie, le patient ne sent rien du tout. Il perd même le sens du toucher. Malheureusement, cet état d’hypnose profonde est très difficile à obtenir, et ne peut être atteint que par 10% de la population.
Par contre, l’hypno-analgésie est plus facilement réalisable, et le patient conserve alors la sensation de toucher mais la douleur est abolie.
A cette profondeur moyenne d’hypnose, une femme qui accouche reste consciente de tout ce qui se passe mais ne ressent pas la douleur.
D’une manière générale, on utilise avant tout l’hypno-analgésie lorsque l’anesthésie chimique est contre indiquée, par exemple, quand le patient est allergique à l’anesthésique ou quand l’anesthésie chimique n’est pas tolérée par le coeur ; et plutôt pour les opérations des membres et des dents que pour celles des viscères.
On emploiera, par exemple, dans les cas de brûlure, notamment pour refaire les pansements ; en chirurgie dentaire pour mieux contrôler la douleur, le saignement et la salivation ; ou, bien sûr, en obstétrique pour diminuer la douleur de l’accouchement et contrôler le rythme des contractions.
Dans tous les cas, l’hypnose est très efficace pour diminuer l’anxiété avant l’opération, et…les douleurs après.

 

Efficace en psychosomatique…

Surtout dans les cas où le patient éprouve de la difficulté à exprimer ses émotions, l’hypnose trouve son emploi pour soulager ces maladies du stress se répercutant sur les sphères somatiques ou fonctionnelles, que l’on appelle troubles psychosomatiques.
L’asthme, le tout premier, jouit de très bons résultats par un traitement hypnothérapeutique spécifique, accompagné d’auto-hypnose. Une étude portant sur 173 cas fait état de 82% de guérisons complètes dans ce domaine.
L’hypertension artérielle, quand à elle, diminue notablement au bout d’une cure de sommeil hypnotique de deux heures par jour. Cette cure, en grande partie auto-hypnotique, s’est avérée plus efficace encore que la relaxation. Les troubles digestifs psychosomatiques, tels que les colopathies fonctionnelles, les colites spasmodiques, les dyskonésies bilaires ou les problèmes de déglutition, trouvent dans l’hypno-relaxation, l’auto-hypnose, et certaines suggestions hypnothérapeutiques spécifiques une excellente médication. Enfin, quelques douleurs rhumatismales, musculaires ou squelettiques comme le torticolis, ou encore les migraines, tirent parti de techniques hypnotiques comme le signe-signal, la régression, ou les suggestions post-hypnotiques…

Contre les dépendances :
S’il est un domaine dans lequel l’hypnose excelle, c’est bien le traitement antialcoolique! Dans la mesure, en effet, où l’alcoolisme correspond à une frustration affective, lié à la phase orale de la relation à la mère et où, la relation hypnotique, elle même produit une régression à ce stade et restaure donc symboliquement l’apport affectif, il va sans dire que l’hypnose constitue un traitement naturellement adapté à l’alcoolisme. Dans ce domaine, le taux de réussite se situe entre 60% et 80% ce qui, comparé aux résultats des autres méthodes qui ne parviennent qu’à 35% de réussite, est extrêmement encourageant. Le tabagisme, lui aussi, peut être arrêté par un traitement hypnothérapeutique. Il existe d’ailleurs plusieurs sortes de ces traitements, dont les deux plus connues sont des procédures auto-hypnotiques : celle de Johnson et Johnson, et celle de Spiegel.
Quant aux résultats, s’ils sont relativement spectaculaires dans l’immédiat ; mais rien ne prouve, hélas, qu’ils le demeurent dans la durée.
La boulimie, enfin, peut être résolue par une hypnothérapie associée à des méthodes psychosomatiqes, avec des résultats satisfaisants.

Et en psychiatrie :
C’est depuis ses origines mêmes, que l’hypnose est utilisée pour guérir les troubles mentaux. Autrefois spécialisée dans le traitement de l’hystérie, on l’applique aujourd’hui en analyse, à la recherche de conflits inconscients ; ou tout simplement, et plus fréquemment pour faire disparaître les symptômes, par suggestion. En elle-même, l’hypnose calme beaucoup de problèmes nerveux, d’angoisses et d’anxiétés…
Mais son action dépasse ce seul cadre, puisqu’on lui associe suggestion et analyse, elle autorise des applications psychothérapeutiques très pointues.
L’anxiété, par exemple, peut être vaincue par suggestions mobilisant les capacités d’adaptation du patient par renforcement du moi, par hypno-analyse des conflits inconscients, ainsi que par auto-hypnose…
Les phobies, qui constituent une des plus grandes indications de l’hypnothérapies, sont souvent déconditionnées sous hypnose avec succès.
Le cas d’une jeune femme guérie de sa phobie de l’avion par simple déplacement de la dite phobie vers la chaise sur laquelle la patiente se trouvait assise durant la séance, est célèbre. Enfin, les névroses hystériques, obsessionnelles, ou post-traumatiques, les dépressions réactionnelles ou le simple manque de confiance en soi sont encore fréquemment traités par l’hypnothérapie.
Extrait de l’Article  » médecine douce », numéro 109, Janvier 2002

L’hypnose qui guérit

Fascinante et mystérieuse, l’hypnose de foire ne manque pas d’attirer les foules. Mais saviez-vous que, au-delà du spectacle, la technique peut soulager la douleur et aider à traiter des maux psychologiques? Au XVIIIe siècle, le médecin Franz Messmer hypnotisait ses patients dans la controverse. La recherche a montré des effets réels sur le cerveau, et l’hypnose gagne du terrain auprès des professionnels de la santé. À mille lieues du cirque.

Lors de son premier accouchement, en octobre dernier, Catherine Therrien a eu recours à l’hypnose. «Je souhaitais un accouchement naturel. L’hypnose m’a beaucoup aidée à diminuer le stress et l’anxiété par rapport à la douleur qui s’en venait, confie-t-elle. Certaines femmes réussissent, sous hypnose, à ne sentir aucune douleur lorsqu’elles accouchent. Ça n’a pas été mon cas, mais ça a rendu les pauses entres les contractions plus apaisantes. J’étais calme, en harmonie avec moi-même. Je n’ai pas ressenti le besoin d’une péridurale.»

Longtemps jugée ésotérique, l’hypnose a même été bannie par Sigmund Freud, qui la jugeait trop dangereuse. On sait aujourd’hui que ses effets sur l’activité du cerveau sont réels. À l’aide de l’imagerie cérébrale, le neuropsychologue Pierre Rainville, de l’Université de Montréal, a été le premier à montrer un lien entre l’hypnose et l’activité du cerveau. Depuis, les recherches se multiplient. La plus récente étude sur le sujet, publiée en novembre dans Consciousness and Cognition, confirme que les effets de l’hypnose sont spécifiques et ne sont pas uniquement dus à l’état de relaxation qu’elle induit.

Qu’est-ce que l’hypnose? «Les sujets parlent généralement d’un état de relaxation et d’absorption mentale, un élargissement de la conscience attentionnelle, explique Pierre Rainville, aussi professeur à la faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal. Ils décrivent une perte d’orientation dans le temps et l’espace. Ils ne sont plus conscients de leur environnement immédiat. Ils font aussi état d’un sentiment d’automaticité, comme s’ils répondaient de façon passive aux suggestions, comme s’ils étaient témoins.»

Si on en connaît encore peu sur les mécanismes sous-tendant l’hypnose thérapeutique, on sait que la technique est particulièrement efficace dans les cas de douleur aiguë. Selon une étude publiée en 2000 dans The Lancet par l’anesthésiste Elvira Lang sur 241 patients, l’hypnose réduit l’anxiété et la douleur liée à la chirurgie, tout comme la consommation d’analgésiques, les risques de complication et le temps de guérison.

Le chercheur Pierre Rainville a montré, dans ses travaux, que l’hypnose agit sur deux aspects de la douleur: la sensation et l’émotion. «Quand un sujet arrive à imaginer la douleur comme le volume d’une radio qu’il peut diminuer avec un bouton, on note chez lui une diminution de l’activité des régions somato-sensorielles du cerveau. On peut aussi suggérer que la douleur est là, mais qu’elle ne le dérange pas. La partie du cortex limbique, liée aux émotions, est sollicitée. On peut même créer un état de bien-être malgré la douleur.»

Le chirurgien-dentiste Claude Verreault utilise l’hypnose depuis plus de 30 ans à son cabinet. «L’hypnose fonctionne bien pour contrôler la douleur. Certains patients ont peur des aiguilles, d’autres sont allergiques aux anesthésiants. L’hypnose permet de procéder aux traitements sans anesthésie et sans douleur. Les enfants, grâce à leur propension à l’imaginaire, sont les meilleurs sujets. Ça facilite la pratique.»

Accouchement sous hypnose

L’omnipraticienne Nathalie Fiset, fondatrice d’Hypno-vie, est tout aussi enthousiaste. Selon elle, le recours à l’hypnose lors de l’accouchement réduit de moitié la demande de péridurales. «Au Québec, environ 70% des femmes qui accouchent demandent la péridurale. Avec hypnose, c’est moins de 30%, avance la Dre Fiset, qui a accouché 2000 femmes. Le taux de césarienne frôle à peine 5% chez les femmes qui accouchent sous hypnose, comparativement à 26% chez les autres.»

Les résultats scientifiques se contredisent néanmoins quant à la durée du travail, la diminution de la douleur et le besoin d’analgésiques lors de l’accouchement. Plus la patiente est réceptive, plus les effets seront positifs. L’hypnose pourrait même avoir des effets après l’accouchement en réduisant les risques de dépression post-partum. «Certaines femmes réagissent mieux que d’autres. Ça dépend entre autres de leur peur, de leurs doutes et du soutien de l’entourage», indique la Dre Fiset.

Chercheuse à l’Université Laval, la pédiatre Isabelle Marc a étudié l’effet de l’hypnose chez les femmes qui devaient subir une interruption de grossesse. «On a montré qu’une intervention d’hypnose peut diminuer la consommation de médicaments lors de l’avortement sans augmenter le niveau de douleur, tout en diminuant le niveau d’anxiété. Les femmes semblaient aussi récupérer plus rapidement.»

Rien à voir avec la magie.

Lors de douleurs chroniques, les effets semblent moins flagrants. «Souvent, les patients consultent en dernier recours. Ils ont des attentes irréalistes et pensent que, d’un coup de baguette magique, on va mettre fin à leur souffrance», indique le psychologue Denis Houde. Si peu d’études se sont penchées sur la question, on suppose que l’hypnose est plus efficace que les traitements standards.

Pour une hypnose efficace et sans risques, il vaut mieux consulter un professionnel de la santé qui, dans sa pratique, utilise l’hypnose comme outil complémentaire. «Il peut être dangereux de soulager la douleur sans chercher à en connaître la cause. La douleur peut être associée à une pathologie sous-jacente aiguë qui mérite d’être traitée», indique le chercheur Pierre Rainville.

 

«L’hypnose n’est pas une panacée, mais un outil efficace et puissant. Malheureusement, n’importe qui peut s’improviser hypnothérapeute», indique le chirurgien-dentiste Claude Verreault. On suggère de choisir un hypnothérapeute membre d’un ordre professionnel et de la Société québécoise d’hypnose, qui n’accepte que les professionnels de la santé. Un hypnothérapeute devrait d’autre part limiter son intervention à son domaine de compétence.

* Article de Sophie Allard La presse 22 janvier2010

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