Qui est-elle?

Ginny Martineau nait à Montréal dans le début des années cinquante. Déjà, à l’époque de ses premières années d’étude au primaire, elle est attirée par l’écriture. Elle compose des poèmes qu’elle cache sous ses livres d’étude. Dès le secondaire, elle compose des mots pour certains événements de la vie, la fête des Mères, Noël, les noces d’argent de l’une de ses tantes et cela se poursuit.

C’est à l’âge adulte qu’elle commence à écrire et cache ses écrits en dessous de son matelas, car elle n’est pas encore consciente de son talent et redoute les commentaires de ses proches sur le sujet. Elle rêve d’écrire un livre et s’y met à quelques reprises, mais les aléas de la vie l’amènent ailleurs. Entre autres, l’amour, le mariage, les enfants, et finalement le travail l’amènent ailleurs.

Au début de la trentaine, elle devient veuve et refait sa vie avec l’homme qu’elle a épousé en secondes noces. L’écriture est toujours dans ses rêves et elle s’y remet à plusieurs reprises, mais ses enfants encore jeunes et les moyens financiers du couple ne lui permettant pas d’accorder autant de temps qu’elle ne l’aurait voulu à l’écriture. Elle se consacre à sa famille tout en travaillant pour le gouvernement provincial.

Une vingtaine d’années plus tard, elle délaisse son poste de fonctionnaire. Fasciné par l’hypnose et devant la facilité de communication qui est la sienne. Elle devient hypnothérapeute, ce qu’elle amalgame avec la relation d’aide. Elle pratiquera pendant les vingt années suivantes.

En 2010, elle apprend avoir une masse cancéreuse dans son rein gauche, chirurgie et traitement s’ensuivent. Pour la première fois, elle a du temps. Elle est en arrêt de travail et la dernière chose qu’elle désire c’est de s’apitoyer sur son sort. Cette fois, c’est la bonne, son rêve remonte en elle. La phrase qui lui vient à l’esprit est « merci la vie, je vais enfin écrire ». Elle écrit le premier tome de son premier roman.

Mais la santé revient et ses clients l’attendent impatiemment. Elle aime son travail, elle aime la communication avec les gens qui viennent la consulter. Elle s’y remet et son manuscrit se retrouve dans sa table de chevet.

Deux ans plus tard, elle apprend qu’un autre cancer fait sa route en elle, cette fois il s’agit du colon. Ce qui a été une bouée de sauvetage lors du premier cancer qui l’a attaqué, ce fut l’écriture. Merci la vie ! Elle s’y remet et suite à une nouvelle chirurgie et les traitements qui s’en suivent, elle écrit le deuxième tome du roman qui attend patiemment dans son tiroir.

Comme pour la première fois, cela aide à sa réhabilitation, elle revient sur pied, mais ses clients l’attendent, le deuxième tome rejoint le premier dans sa table de chevet.

Lors du début de la pandémie Covid, par la loi, elle se retrouve en arrêt de travail. Dans le même mois, elle apprend qu’une autre masse cancéreuse végète dans le seul rein qui lui reste. Mais la chirurgie prévue est retardée. Elle se remet à écrire et se lance dans un nouveau roman. « Merci la vie pour ce merveilleux temps qui m’est offert », lance-t-elle dans l’univers. Rien ne peut l’abattre tant et aussi longtemps qu’elle a une plume à la main, ou dans la circonstance, son ordinateur sur les genoux.

Elle prend une décision ferme, cette fois c’est la retraite. Elle écrit la suite de son deuxième roman. Mais la fin de la pandémie n’arrive pas et la chirurgie est encore et toujours reportée. Qu’à cela ne tienne, selon ses dires, son inspiration est à son maximum, elle n’a pas fini d’épater les lecteurs.